Apto with Benoit Blondeau pour l’Ironman de Francfort
Cyclisme Event Running Sport natureIl y a un mois, nous avions rencontré Benoît Blondeau, un sapeur pompier pas comme les autres bien décidé à venir à bout de l’Ironman de Francfort qui s’est déroulé le 8 juillet dernier. Retour sur son expérience riche en efforts et en émotions !
9H55 et 40 seconde. C’est le temps qu’il aura fallu à Benoît Blondeau pour venir à bout de l’Ironman de Francfort le 8 juillet dernier. Ce triathlète de choc, passé sous la barre des 10H sur distance Ironman, nous livre son ressenti sur cette compétition riche en efforts et en émotions.
Bonjour Benoît, comment s’est passé ton arrivée à l’ironman de Francfort ? Quel était ton état d’esprit à ce moment clé ?
Je suis arrivé le mardi en famille sur Bensheim à 40 kms de Francfort et 30 kms du départ natation, nous nous installons dans notre location… La tension des jours précédents retombe miraculeusement.
Je suis bien dans ma tête et ce sera ainsi jusqu’au départ de la course.
Parle-nous un peu de ton programme durant ces quelques jours avant le D-day…
Mercredi, sortie vélo 2H avec de belles bosses. Je suis en confiance, ça monte fort et j’emmène du braquet sans souffrance. Bien sûr accompagné de mon bidon d’iso+ et de deux pâtes de fruit.
Le jeudi, premier déplacement sur Francfort où tout se met en place pour accueillir les 3100 athlètes sur la finish line… Je retire mon dossard sans la moindre appréhension. Rien à voir avec mes participations précédentes à Nice ou j’étais comme un loup en cage.
Je suis guidé en français par un bénévole qui s’assure que tout est ok au niveau de l’enregistrement.
Vendredi, briefing en Français à 17h30 pile. La règlementation vélo en Allemagne est stricte et les cartons tombent comme les feuilles d’automne… Donc il va falloir être prudent pour éviter un stop and go de 6mn ou une disqualification… Je rencontre Chris Mac Cormack (2 fois champion du monde sur distance Ironman) et nous échangeons quelques mots et quelques photos, ceci suivi d’une pasta party ou il y avait de quoi s’en mettre plein le ventre…
Samedi… Je plonge dans mon élément à 100%… La course commence maintenant et il ne faut rien oublier. Rendez vous à 10h pour déposer les sacs de transitions et le vélo. Je scotche sur le vélo 8 pattes de fruits et 8 energy gels, les deux bidons d’iso+ sont déjà dans le réfrigérateur. Arrivé sur le parc vélo, prise en charge immédiate par un bénévole qui m’accompagne du contrôle vélo par les arbitres et mécaniciens, au contrôle du casque, puis prise de photo avec le vélo afin d’éviter qu’un athlète empreinte un autre vélo, pose du vélo sur son emplacement et préparation du matériel. Je jette un dernier œil dans mes sacs de transitions et je dis que tout est ok à mon accompagnateur… Celui-ci pose une housse sur mon vélo afin de le protéger de la pluie, des coups et des vols… Je récupère ma puce chronométrique… Ca y est… Y a plus qu’a…
Et c’est le jour J !
Oui, réveil à 3h30 du matin… Petit déjeuner classique : baguette, café et beurre… Départ 4h et arrivée sur le site à 4h30… Puis c’est l’ouverture du parc ou j’ai hâte de retrouver mon bike… Tout est ok, tous les gels et pâtes de fruits sont restés collés, je dépose mes deux bidons d’iso + et je garde avec moi un bidon de boisson d’attente avec une demi dose d’iso pour 500 ml d’eau… A partir de 5h et ceci toute les 1/2 heures je mange 1/4 de patte de fruit avec une gorgée de boisson d’attente. Je gonfle à 10 bars mes boyaux au lieu de 12 bars car je sens que le temps va tourner. J’ai eu droit à un concerto d’éclatements de boyaux autour de moi. Les gars les gonflaient à bloc à cause du stress et tout pétait à 30 mn du départ… Un stress grandissant régnait sur le parc à chaque éclatement. Je me demandais si ce n’étais pas mon vélo qui était mort.
6h40, je rentre dans ma combi et mange mon dernier quartier de pâte de fruit… 6h45 : départ des élites et des préférentiels dont je ferais parti l’année prochaine en raison de mon chrono et de mon classement. Je m’échauffe, me place sur la ligne de départ longue de 80 m pour 2500 nageurs. Les élites se grimpent dessus, certains boivent même des tasses. Je me dis qu’il va y avoir du sport au moment du départ !
Top départ !
Oui et sur 50m de natation, 6 coups de pied et des coups sur la tête… Plutôt cool habituellement, j’adopte le même comportement pour survivre. A chaque bouée la bagarre pour passer devant l’autre fait rage… Sorti de l’eau en 1h08, je prends le bike en 6 mn. Il pleut et j’hésite à me couvrir… Je prends la décision de partir en tri fonction seule… Je clipse les chaussures et me voilà parti pour 180 Kms de bonheur… J’absorbe 2 pâtes de fruit immédiatement puis une barre Clak 5 mn après… Une gorgé d’iso+/15 mn d’effort… Gros problème… Il fait froid. L’ensemble de mon ravito vélo étudié depuis des mois a été ingurgité en moins de 120 bornes de vélo… Plus rien… Je me jette obligatoirement sur le ravito de l’organisation en espérant ne pas être dérangé au niveau intestinal.
Conditions climatiques catastrophiques avec un déluge d’eau jusque au 140e kilomètre de vélo… Et après le soleil… Je roule très fort et pose mon vélo en 5h08 au lieu des 5H10 prévues… Transition 2mn02 pour partir sur mon marathon… Je récupère mes energy gels et pâtes de fruit de mon sac transition et fait le plein… 1 gel et 1/2 patte de fruit par 20 mn d’effort en intermittence, accompagnés exclusivement de coca en liquide puisque ravito extérieur interdit. Mes temps de passage sont bons pour la qualif jusque au km 23 ou un arrêt pressant m’a coupé les pattes… Et pourtant la tête y était. Je termine mon marathon en 3H30mn 15 s.
Je pulvérise mon chrono d’une heure avec 9H55mn et 40s d’effort, je rentre sur la finish line ou j’organise une hola avec le public qui a été fantastique sur tout le parcours !
Pour conclure, l’Ironman de Francfort restera pour toi une belle expérience ?
Oui, d’abord l’organisation était irréprochable… L’athlète et le matériel sont bichonnés. Des supporters sur l’ensemble du parcours, une ambiance de folie, des spectateurs fantastiques. Des bénévoles qui se plient pour les athlètes… Je ne suis pas passé loin de mon rêve et je me suis déjà réinscrit pour l’Ironman de Francfort 2013 qui se déroulera le 7 juillet. Je passerai dans la tranche d’Age 40/45 ans. Je poursuivrai ma préparation.
Et que retiens-tu de ta collaboration avec Aptonia ?
Les produits Aptonia m’ont amenés sous la barre des 10h00 sur distance Ironman. Je suis fier de porter vos couleurs et j’espère être à la hauteur de vos espérances… Je me classe 245e sur les 3100 participants venant de 51 nations, 64e de ma catégorie dont 8e Français…
Merci à toute l’équipe pour votre confiance




